mercredi 3 janvier 2007
Que voulait les perses
L'intention était déjà frappante et évidente le jour de l'arrestation de l'ancien
raïs irakien. Qui a oublié ces images qui passaient en boucle sur les
chaînes de télévisions du monde entier ? On en a au moins retenu
l'expression des yeux, la barbe qui donnait au personnage, naguère si
puissant, des allures de mendiant. Après le jeu de cartes où les
dignitaires du régime baâthiste étaient assimilés à de vulgaires
"bandits" recherchés, se manifestait, à nouveau, la volonté d'avilir un
homme et au-delà de tout ce qu'il symbolisait comme désir
d'émancipation pour toute la nation arabe dont il s'est voulu, dès son
arrivée au pouvoir en 1968, à l'ombre de Ahmed Hacène el Bakr, le
hérault.
L'exécution de Saddam Hussein, le jour même de l'Aïd el
Adha, a choqué beaucoup de personnes. Voilà une journée sacrée où se
manifestent davantage les élans de compassion, de pardon, que les
instincts de vengeance. Tuer, le jour de l'Aïd, un homme, c'est
davantage un crime que l'exécution d'une sentence de justice. L'ancien
président irakien a eu le malheur de déplaire à beaucoup de monde. A
ceux parmi les Occidentaux qui ne voulaient pas d'une procédure
judiciaire allant à son terme. Dans la guerre contre l'Iran, dans les
menées sanglantes contre les populations kurdes, ce sont l'Amérique et
d’autres pays occidentaux qui vendaient les armes. De ces derniers
provenaient les gaz utilisés à Halabja.
raïs irakien. Qui a oublié ces images qui passaient en boucle sur les
chaînes de télévisions du monde entier ? On en a au moins retenu
l'expression des yeux, la barbe qui donnait au personnage, naguère si
puissant, des allures de mendiant. Après le jeu de cartes où les
dignitaires du régime baâthiste étaient assimilés à de vulgaires
"bandits" recherchés, se manifestait, à nouveau, la volonté d'avilir un
homme et au-delà de tout ce qu'il symbolisait comme désir
d'émancipation pour toute la nation arabe dont il s'est voulu, dès son
arrivée au pouvoir en 1968, à l'ombre de Ahmed Hacène el Bakr, le
hérault.
L'exécution de Saddam Hussein, le jour même de l'Aïd el
Adha, a choqué beaucoup de personnes. Voilà une journée sacrée où se
manifestent davantage les élans de compassion, de pardon, que les
instincts de vengeance. Tuer, le jour de l'Aïd, un homme, c'est
davantage un crime que l'exécution d'une sentence de justice. L'ancien
président irakien a eu le malheur de déplaire à beaucoup de monde. A
ceux parmi les Occidentaux qui ne voulaient pas d'une procédure
judiciaire allant à son terme. Dans la guerre contre l'Iran, dans les
menées sanglantes contre les populations kurdes, ce sont l'Amérique et
d’autres pays occidentaux qui vendaient les armes. De ces derniers
provenaient les gaz utilisés à Halabja.
Algérie
Selon la Radio nationale, c’est le ministère des Affaires religieuses qui a donné des instructions pour que soit dite cette prière dans les mosquées du territoire national.
La prière de l’Absent a été prononcée, hier, dans les différentes mosquées du pays à la mémoire de l’ancien président irakien, Saddam Hussein, pendu samedi dernier à l’aube, alors que les pays musulmans s’apprêtaient à célébrer l’Aïd el-Adha, marquant la fin du pèlerinage à La Mecque. Selon la Radio nationale, le ministère des Affaires religieuses a donné des instructions pour que soit dite la prière de l’Absent dans les mosquées du territoire national pour le repos de l’âme du défunt chef d’État irakien. À la Grande-Mosquée d’Alger, cette prière a été dite en présence de nombreux fidèles. Les Algériens ont tenu ainsi à exprimer leur totale indignation face à un acte ignoble exécuté au premier jour de l’Aïd el-Adha, fête sacrée chez les musulmans, traditionnellement consacrée au pardon. Les fidèles ont imploré Dieu d’accorder Sa Miséricorde au défunt, mort en récitant la chahada, la profession de foi musulmane, selon la vidéo de l’exécution de l’ancien président irakien, diffusée sur Internet. Au lendemain de la mort de l’ancien président irakien, condamné pour le massacre de 148 villageois chiites durant les années 1980, en représailles à un attentat manqué contre un convoi présidentiel, l'Algérie avait exprimé ses regrets pour son exécution le jour de l'Aïd el-Adha.
Dans une déclaration, le gouvernement a estimé que la culpabilité du président déchu “a été établie par un jugement des hommes dans des circonstances et dans un contexte faisant l'objet d'appréciations antagonistes et de positions polarisées”.
Selon le gouvernement, Saddam Hussein “fait prisonnier de guerre, a été exécuté suite à une condamnation à mort pour des actes relevant de ses activités à la tête de l'État irakien”. L’Algérie a également souligné que “cet événement et les actions de l'ancien chef de l'État irakien relèvent désormais du jugement de l'histoire et l'évaluation de sa vie appartient au jugement de Dieu”.
Depuis le renversement du régime de Saddam Hussein en avril 2003, l’Algérie a toujours fait part de son souci de voir l’Irak marquer le retour à la stabilité. Elle a également milité en faveur de la mise en place d’un échéancier pour le retrait des troupes américaines.
La prière de l’Absent a été prononcée, hier, dans les différentes mosquées du pays à la mémoire de l’ancien président irakien, Saddam Hussein, pendu samedi dernier à l’aube, alors que les pays musulmans s’apprêtaient à célébrer l’Aïd el-Adha, marquant la fin du pèlerinage à La Mecque. Selon la Radio nationale, le ministère des Affaires religieuses a donné des instructions pour que soit dite la prière de l’Absent dans les mosquées du territoire national pour le repos de l’âme du défunt chef d’État irakien. À la Grande-Mosquée d’Alger, cette prière a été dite en présence de nombreux fidèles. Les Algériens ont tenu ainsi à exprimer leur totale indignation face à un acte ignoble exécuté au premier jour de l’Aïd el-Adha, fête sacrée chez les musulmans, traditionnellement consacrée au pardon. Les fidèles ont imploré Dieu d’accorder Sa Miséricorde au défunt, mort en récitant la chahada, la profession de foi musulmane, selon la vidéo de l’exécution de l’ancien président irakien, diffusée sur Internet. Au lendemain de la mort de l’ancien président irakien, condamné pour le massacre de 148 villageois chiites durant les années 1980, en représailles à un attentat manqué contre un convoi présidentiel, l'Algérie avait exprimé ses regrets pour son exécution le jour de l'Aïd el-Adha.
Dans une déclaration, le gouvernement a estimé que la culpabilité du président déchu “a été établie par un jugement des hommes dans des circonstances et dans un contexte faisant l'objet d'appréciations antagonistes et de positions polarisées”.
Selon le gouvernement, Saddam Hussein “fait prisonnier de guerre, a été exécuté suite à une condamnation à mort pour des actes relevant de ses activités à la tête de l'État irakien”. L’Algérie a également souligné que “cet événement et les actions de l'ancien chef de l'État irakien relèvent désormais du jugement de l'histoire et l'évaluation de sa vie appartient au jugement de Dieu”.
Depuis le renversement du régime de Saddam Hussein en avril 2003, l’Algérie a toujours fait part de son souci de voir l’Irak marquer le retour à la stabilité. Elle a également milité en faveur de la mise en place d’un échéancier pour le retrait des troupes américaines.
Et le verdict de l'Histoire ?
Le procès de Saddam aurait pu révéler tous les aspects peu ragoûtants de la realpolitik qui sacrifie les principes tant proclamés aux intérêts. Il fut un temps où le Président de l'Irak n'était pas un paria, un chef affublé de toutes les tares. C'était un personnage qu'on recevait, avec qui on commerçait. Quand s'amoncelèrent les périls de la contagion du khomeïnisme, il était même l'ultime rempart contre le danger de la théocratie. Saddam était loin d'être démocrate. Il suffit de suivre les programmes de la télévision irakienne pour voir énumérer par ses compatriotes ses méfaits et ses excès. Mais a-t-on fait mieux que lui ?
Depuis l'invasion de l'Irak par les Américains, le nombre de morts a atteint près d'un million de personnes, sans compter les milliers d'Irakiens qui se sont exilés, l'infrastructure d'un pays qui pouvait se targuer de posséder le système éducatif le plus performant du monde arabe complètement détruite. Saddam a été certes autoritaire mais patriote.
Le bilan de ses successeurs annule toute prétention à le juger. Comment peut-on établir une justice équitable dans un pays où les responsables sont confinés dans une zone hyper protégée par une armée étrangère ? Comment juger un homme dans la sérénité alors que les tensions communautaires s'exacerbent ? Nul juriste sérieux n'a estimé crédibles tous les procès où il eut à comparaître, n'offrant pas de garanties à la défense d’un homme qu'on s'empressait d'achever et non de juger. Et quand les décisions de justice font scandale, il est rare que le scandale ne se trouve pas dans la nation elle-même, écrivit Pierre Vidal Naquet, en d'autres et similaires circonstances. Mais au-delà de la justice des hommes, il y a le tribunal de l'Histoire. C'est lui qui déterminera si sa disparition aura, comme le prétendent ses détracteurs, annoncé une aube nouvelle pour l'Irak. Ou s’il a enfoncé davantage un pays martyre que Saddam avait plus stabilisé que fragilisé
H. Rachid.
Haut
DECLARATION DU GOUVERNEMENT
L'Algérieappelle les Irakiens de tous bords
à un ressaisissement salutaire
A la suite de l'exécution de l'ancien président de la République irakienne, le Gouvernement algérien a rendu publique la déclaration suivante : "Monsieur Saddam Hussein, ancien président irakien, fait prisonnier de guerre, a été exécuté suite à une condamnation à mort pour des actes relevant de ses activités à la tête de l'Etat irakien. Sa culpabilité a été établie par un jugement des hommes dans des circonstances et dans un contexte faisant l'objet d'appréciations antagonistes et de positions polarisées. Cet événement et les actions de l'ancien chef de l'Etat irakien relèvent désormais du jugement de l'histoire et l'évaluation de sa vie appartient au jugement de Dieu. L'Algérie regrette la mise à mort de l'ancien président Saddam Hussein le jour de l'Aïd El Adha, jour sacré, dont l'esprit originel, évocateur de sacrifices, s'est sublimé dans les valeurs du pardon, de la clémence et de la générosité pour tout le monde arabo-musulman. L'Algérie forme le vœu que ce développement n'ajoutera pas à un surcroît de violence et d'épreuves à la tragédie que vit le peuple irakien frère. Elle appelle les Irakiens de tous bords à un ressaisissement salutaire pour assurer un avenir qualitativement meilleur à leur pays dans l'unité de son peuple, l'intégrité de son territoire et la plénitude de sa souveraineté"
LES PARTIS POLITIQUES ALGERIENS
«Un crime odieux et abominable»
"La condamnation à mort de Saddam Hussein, ancien chef de l'Etat irakien, relève désormais du jugement de l'Histoire et l'évaluation de sa vie appartient au jugement de Dieu", s’indigne l’Etat algérien. L’Algérie regrette ainsi cet acte perpétré notamment le jour de l'Aïd el Adha, "jour sacré, dont l'esprit originel, évocateur de sacrifices, s'est sublimé dans les valeurs du pardon, de la clémence et de la générosité pour tout le monde arabo-musulman".
"Indignés", des responsables de partis politiques algériens ont estimé, pour leur part, que l’exécution de Saddam Hussein est "un crime odieux et abominable et une provocation du peuple irakien et des peuples musulmans". Ils sont unanimes à souligner que cet acte "n'arrangera en rien la situation en Irak qui vit toujours sous l'occupation américaine"
Depuis l'invasion de l'Irak par les Américains, le nombre de morts a atteint près d'un million de personnes, sans compter les milliers d'Irakiens qui se sont exilés, l'infrastructure d'un pays qui pouvait se targuer de posséder le système éducatif le plus performant du monde arabe complètement détruite. Saddam a été certes autoritaire mais patriote.
Le bilan de ses successeurs annule toute prétention à le juger. Comment peut-on établir une justice équitable dans un pays où les responsables sont confinés dans une zone hyper protégée par une armée étrangère ? Comment juger un homme dans la sérénité alors que les tensions communautaires s'exacerbent ? Nul juriste sérieux n'a estimé crédibles tous les procès où il eut à comparaître, n'offrant pas de garanties à la défense d’un homme qu'on s'empressait d'achever et non de juger. Et quand les décisions de justice font scandale, il est rare que le scandale ne se trouve pas dans la nation elle-même, écrivit Pierre Vidal Naquet, en d'autres et similaires circonstances. Mais au-delà de la justice des hommes, il y a le tribunal de l'Histoire. C'est lui qui déterminera si sa disparition aura, comme le prétendent ses détracteurs, annoncé une aube nouvelle pour l'Irak. Ou s’il a enfoncé davantage un pays martyre que Saddam avait plus stabilisé que fragilisé
H. Rachid.
Haut
DECLARATION DU GOUVERNEMENT
L'Algérieappelle les Irakiens de tous bords
à un ressaisissement salutaire
A la suite de l'exécution de l'ancien président de la République irakienne, le Gouvernement algérien a rendu publique la déclaration suivante : "Monsieur Saddam Hussein, ancien président irakien, fait prisonnier de guerre, a été exécuté suite à une condamnation à mort pour des actes relevant de ses activités à la tête de l'Etat irakien. Sa culpabilité a été établie par un jugement des hommes dans des circonstances et dans un contexte faisant l'objet d'appréciations antagonistes et de positions polarisées. Cet événement et les actions de l'ancien chef de l'Etat irakien relèvent désormais du jugement de l'histoire et l'évaluation de sa vie appartient au jugement de Dieu. L'Algérie regrette la mise à mort de l'ancien président Saddam Hussein le jour de l'Aïd El Adha, jour sacré, dont l'esprit originel, évocateur de sacrifices, s'est sublimé dans les valeurs du pardon, de la clémence et de la générosité pour tout le monde arabo-musulman. L'Algérie forme le vœu que ce développement n'ajoutera pas à un surcroît de violence et d'épreuves à la tragédie que vit le peuple irakien frère. Elle appelle les Irakiens de tous bords à un ressaisissement salutaire pour assurer un avenir qualitativement meilleur à leur pays dans l'unité de son peuple, l'intégrité de son territoire et la plénitude de sa souveraineté"
LES PARTIS POLITIQUES ALGERIENS
«Un crime odieux et abominable»
"La condamnation à mort de Saddam Hussein, ancien chef de l'Etat irakien, relève désormais du jugement de l'Histoire et l'évaluation de sa vie appartient au jugement de Dieu", s’indigne l’Etat algérien. L’Algérie regrette ainsi cet acte perpétré notamment le jour de l'Aïd el Adha, "jour sacré, dont l'esprit originel, évocateur de sacrifices, s'est sublimé dans les valeurs du pardon, de la clémence et de la générosité pour tout le monde arabo-musulman".
"Indignés", des responsables de partis politiques algériens ont estimé, pour leur part, que l’exécution de Saddam Hussein est "un crime odieux et abominable et une provocation du peuple irakien et des peuples musulmans". Ils sont unanimes à souligner que cet acte "n'arrangera en rien la situation en Irak qui vit toujours sous l'occupation américaine"
Le double jeu de Bush
Saddam Hussein, 69 ans, a été exécuté par George W. Bush, le premier responsable d’Abu Gharib, Abu Gharib et de la mort de 650 000 Irakiens, selon les estimations des Nations unies.
C’est un fait établi dans l’histoire et le droit international, sous occupation, toutes les fonctions d’un État occupé sont dévoyées, y compris la justice, à l’occupant. N’en déplaise aux gouvernements irakien et américain, la mascarade inachevée du procès et l’exécution sordide et précipitée du président irakien déchu ressemblent à tous les procès et exécutions qu’ont coutume d’organiser les régimes autoritaires quand ils veulent se débarrasser prestement d'un prisonnier gênant.
Et le raïs en avait des secrets. Comme celui des "29 paysvoccidentaux qui l’ont encouragé durant huit ans à faire la guerre à l’Iran", le feu vert qu’il a obtenu en juillet 1990 de l'ambassadrice des Etats-Unis en Irak April Glaspie pour envahir le Koweït un mois plus tard, l’aide de la CIA pour détruire le parti communiste irakien, la conclusion en 1983 d’un contrat par Donald Rumsfeld, l’un des hommes-clé du président Ronald Reagan, durant les années 80, portant sur les exportations US de matériel biologique et chimique.
Ces mêmes gaz ont été employés plus tard sur les Kurdes à Halabja. Aujourd’hui, il est aisé de comprendre pourquoi Saddam a été jugé pour le massacre en 1982 des 148 chiites du village de Doujaïl, à 60 km au nord de Bagdad, et non pour le massacre de 182 000 Kurdes à Anfal en 1987-1988 avec les armes chimiques américaines.
En ordonnant cet "égorgement" barbare, de surcroît le premier jour de l’Aïd, le président américain, qui a promis aux Arabes et aux musulmans, de Nouakchott à Islamabad, et en particulier aux Irakiens, la mise en place d’une démocratie dans un "Nouveau Moyen-Orient", a fait un calcul politique. Outre le cadeau de fin d’année qu’il s’est offert pour son ego, le "stratège" George W. Bush, en manque d’arguments pour justifier la présence de ses troupes dans la région au nom de la "guerre contre le terrorisme", cherche, primo, à dévaloriser davantage, aux yeux des Arabes et des musulmans, les gains potentiels qu'ils pourraient obtenir de la démocratie, deusio, à faire de Saddam un grand martyr.
Saddam, un martyr !
Dans son jeu régional, Bush sait que pour l’homme arabe de la rue, Saddam Hussein est celui "qui a affronté les menaces extérieures au nom des Arabes, combattu l'Iran et lancé des missiles contre Israël". Avec quels arguments, les démocrates de la région réussiront-ils à convaincre l’homme de la rue pour qu’il se batte pour un Etat de droit quand le résultat qu’il a devant ses yeux, ressemble aux actions d'une dictature arrogante à mille lieues des droits de l’Homme es plus élémentaires et quand les auteurs des massacres de Sabra et Chatila et à Qana au Liban ne sont nullement inquiétés ? Les extrémistes islamistes peuvent faire la fête.
Bush vient de leur servir sur un plateau en or massif un argument pour donner un nouvel élan à la guerre civile en Irak et … une clé pour ouvrir la boîte de Pandore.
Tous les analystes sont unanimes à dire aujourd’hui que la décision de Bush de conduire Saddam, la corde au cou, vers la potence, comme un mouton voué au sacrifice religieux, attendant d'être égorgé, ne fera qu’exacerber la guerre civile en Irak en plein chaos déjà, et, entraîner une nouvelle étape du djihad islamiste dans l'ensemble du Proche-Orient. Une étape que certains religieux présentent comme une réaction au desiderata de l’Amérique de se venger du monde musulman en lui déclarant une guerre culturelle, politique, économique et sécuritaire.
Dans cette tragédie grecque qui se joue en Irak, y aura-t-il quelque part dans le monde quelqu’un qui osera dire qu’il y avait samedi au moins un siège vide sur le banc des accusés à côté du tyran : celui de George W. Bush ? Celui-là même qui a vient de recevoir, selon World Tribune.com, une étude annonçant que sa "Long War" durera au moins 100 ans. En Irak, la pendaison de Saddam Hussein vient de marquer une nouvelle étape.
Pas celle "annoncée" par Washington mais un "divorce sans retour entre chiites et sunnites". Si le parti Baâth a appelé les Irakiens à "frapper sans pitié" les occupants américains et l'Iran chiite pour venger l'exécution de son chef de file, l'Armée islamique appelle, elle, à sauver Baghdad de l'"occupation iranienne" qualifiée de pire que celle des Etats-Unis
Djamel Boukrine.
Et le verdict de l'Histoire ?
Le procès de Saddam aurait pu révéler tous les aspects peu ragoûtants de la realpolitik qui sacrifie les principes tant proclamés aux intérêts. Il fut un temps où le Président de l'Irak n'était pas un paria, un chef affublé de toutes les tares. C'était un personnage qu'on recevait, avec qui on commerçait. Quand s'amoncelèrent les périls de la contagion du khomeïnisme, il était même l'ultime rempart contre le danger de la théocratie. Saddam était loin d'être démocrate. Il suffit de suivre les programmes de la télévision irakienne pour voir énumérer par ses compatriotes ses méfaits et ses excès. Mais a-t-on fait mieux que lui ?
Depuis l'invasion de l'Irak par les Américains, le nombre de morts a atteint près d'un million de personnes, sans compter les milliers d'Irakiens qui se sont exilés, l'infrastructure d'un pays qui pouvait se targuer de posséder le système éducatif le plus performant du monde arabe complètement détruite. Saddam a été certes autoritaire mais patriote.
Le bilan de ses successeurs annule toute prétention à le juger. Comment peut-on établir une justice équitable dans un pays où les responsables sont confinés dans une zone hyper protégée par une armée étrangère ? Comment juger un homme dans la sérénité alors que les tensions communautaires s'exacerbent ? Nul juriste sérieux n'a estimé crédibles tous les procès où il eut à comparaître, n'offrant pas de garanties à la défense d’un homme qu'on s'empressait d'achever et non de juger. Et quand les décisions de justice font scandale, il est rare que le scandale ne se trouve pas dans la nation elle-même, écrivit Pierre Vidal Naquet, en d'autres et similaires circonstances. Mais au-delà de la justice des hommes, il y a le tribunal de l'Histoire. C'est lui qui déterminera si sa disparition aura, comme le prétendent ses détracteurs, annoncé une aube nouvelle pour l'Irak. Ou s’il a enfoncé davantage un pays martyre que Saddam avait plus stabilisé que fragilisé
C’est un fait établi dans l’histoire et le droit international, sous occupation, toutes les fonctions d’un État occupé sont dévoyées, y compris la justice, à l’occupant. N’en déplaise aux gouvernements irakien et américain, la mascarade inachevée du procès et l’exécution sordide et précipitée du président irakien déchu ressemblent à tous les procès et exécutions qu’ont coutume d’organiser les régimes autoritaires quand ils veulent se débarrasser prestement d'un prisonnier gênant.
Et le raïs en avait des secrets. Comme celui des "29 paysvoccidentaux qui l’ont encouragé durant huit ans à faire la guerre à l’Iran", le feu vert qu’il a obtenu en juillet 1990 de l'ambassadrice des Etats-Unis en Irak April Glaspie pour envahir le Koweït un mois plus tard, l’aide de la CIA pour détruire le parti communiste irakien, la conclusion en 1983 d’un contrat par Donald Rumsfeld, l’un des hommes-clé du président Ronald Reagan, durant les années 80, portant sur les exportations US de matériel biologique et chimique.
Ces mêmes gaz ont été employés plus tard sur les Kurdes à Halabja. Aujourd’hui, il est aisé de comprendre pourquoi Saddam a été jugé pour le massacre en 1982 des 148 chiites du village de Doujaïl, à 60 km au nord de Bagdad, et non pour le massacre de 182 000 Kurdes à Anfal en 1987-1988 avec les armes chimiques américaines.
En ordonnant cet "égorgement" barbare, de surcroît le premier jour de l’Aïd, le président américain, qui a promis aux Arabes et aux musulmans, de Nouakchott à Islamabad, et en particulier aux Irakiens, la mise en place d’une démocratie dans un "Nouveau Moyen-Orient", a fait un calcul politique. Outre le cadeau de fin d’année qu’il s’est offert pour son ego, le "stratège" George W. Bush, en manque d’arguments pour justifier la présence de ses troupes dans la région au nom de la "guerre contre le terrorisme", cherche, primo, à dévaloriser davantage, aux yeux des Arabes et des musulmans, les gains potentiels qu'ils pourraient obtenir de la démocratie, deusio, à faire de Saddam un grand martyr.
Saddam, un martyr !
Dans son jeu régional, Bush sait que pour l’homme arabe de la rue, Saddam Hussein est celui "qui a affronté les menaces extérieures au nom des Arabes, combattu l'Iran et lancé des missiles contre Israël". Avec quels arguments, les démocrates de la région réussiront-ils à convaincre l’homme de la rue pour qu’il se batte pour un Etat de droit quand le résultat qu’il a devant ses yeux, ressemble aux actions d'une dictature arrogante à mille lieues des droits de l’Homme es plus élémentaires et quand les auteurs des massacres de Sabra et Chatila et à Qana au Liban ne sont nullement inquiétés ? Les extrémistes islamistes peuvent faire la fête.
Bush vient de leur servir sur un plateau en or massif un argument pour donner un nouvel élan à la guerre civile en Irak et … une clé pour ouvrir la boîte de Pandore.
Tous les analystes sont unanimes à dire aujourd’hui que la décision de Bush de conduire Saddam, la corde au cou, vers la potence, comme un mouton voué au sacrifice religieux, attendant d'être égorgé, ne fera qu’exacerber la guerre civile en Irak en plein chaos déjà, et, entraîner une nouvelle étape du djihad islamiste dans l'ensemble du Proche-Orient. Une étape que certains religieux présentent comme une réaction au desiderata de l’Amérique de se venger du monde musulman en lui déclarant une guerre culturelle, politique, économique et sécuritaire.
Dans cette tragédie grecque qui se joue en Irak, y aura-t-il quelque part dans le monde quelqu’un qui osera dire qu’il y avait samedi au moins un siège vide sur le banc des accusés à côté du tyran : celui de George W. Bush ? Celui-là même qui a vient de recevoir, selon World Tribune.com, une étude annonçant que sa "Long War" durera au moins 100 ans. En Irak, la pendaison de Saddam Hussein vient de marquer une nouvelle étape.
Pas celle "annoncée" par Washington mais un "divorce sans retour entre chiites et sunnites". Si le parti Baâth a appelé les Irakiens à "frapper sans pitié" les occupants américains et l'Iran chiite pour venger l'exécution de son chef de file, l'Armée islamique appelle, elle, à sauver Baghdad de l'"occupation iranienne" qualifiée de pire que celle des Etats-Unis
Djamel Boukrine.
Et le verdict de l'Histoire ?
Le procès de Saddam aurait pu révéler tous les aspects peu ragoûtants de la realpolitik qui sacrifie les principes tant proclamés aux intérêts. Il fut un temps où le Président de l'Irak n'était pas un paria, un chef affublé de toutes les tares. C'était un personnage qu'on recevait, avec qui on commerçait. Quand s'amoncelèrent les périls de la contagion du khomeïnisme, il était même l'ultime rempart contre le danger de la théocratie. Saddam était loin d'être démocrate. Il suffit de suivre les programmes de la télévision irakienne pour voir énumérer par ses compatriotes ses méfaits et ses excès. Mais a-t-on fait mieux que lui ?
Depuis l'invasion de l'Irak par les Américains, le nombre de morts a atteint près d'un million de personnes, sans compter les milliers d'Irakiens qui se sont exilés, l'infrastructure d'un pays qui pouvait se targuer de posséder le système éducatif le plus performant du monde arabe complètement détruite. Saddam a été certes autoritaire mais patriote.
Le bilan de ses successeurs annule toute prétention à le juger. Comment peut-on établir une justice équitable dans un pays où les responsables sont confinés dans une zone hyper protégée par une armée étrangère ? Comment juger un homme dans la sérénité alors que les tensions communautaires s'exacerbent ? Nul juriste sérieux n'a estimé crédibles tous les procès où il eut à comparaître, n'offrant pas de garanties à la défense d’un homme qu'on s'empressait d'achever et non de juger. Et quand les décisions de justice font scandale, il est rare que le scandale ne se trouve pas dans la nation elle-même, écrivit Pierre Vidal Naquet, en d'autres et similaires circonstances. Mais au-delà de la justice des hommes, il y a le tribunal de l'Histoire. C'est lui qui déterminera si sa disparition aura, comme le prétendent ses détracteurs, annoncé une aube nouvelle pour l'Irak. Ou s’il a enfoncé davantage un pays martyre que Saddam avait plus stabilisé que fragilisé
APRES L’EXECUTION DE L’EX-PRESIDENT SADDAM HUSSEIN
Les analystes sont unanimes. L’exécution, barbare de l’ex-président irakien Saddam Hussein, à l’aube du jour sacré de l’Aïd el Adha, ne peut être interprétée que comme une nouvelle humiliation infligée au monde arabe et musulman par ceux qui régentent la planète.
Mais bien plus, elle promet de plonger le centre de gravité de la Terre, le Moyen-Orient, dans une instabilité qui risque, à terme, de mettre en danger la paix mondiale.
Cette nouvelle "bourde" des néo-conservateurs, encore au pouvoir à Washington, va sans nul doute booster le "choc des civilisations", raviver avec plus d’acuité le conflit historique entre chiites et sunnites et menacer le Golfe persique et le Moyen-Orient de morcellement.
Depuis l’invasion de l’Irak par les troupes coalisées sous l’égide de l’Amérique impériale, en 2003, la région s’enfonce chaque jour dans une crise presque sans issue. Les foyers de tensions se multiplient et les risques d’embrasement de toute cette zone stratégique sont plus que jamais d’actualité.
Il est clair que le clan des néo-conservateurs du parti républicain (Bush-Cheney-Rumsfeld -Wolfowitz) travaille sur la base d’une stratégie qui vise à affaiblir et diviser le monde arabo-musulman.
Cet objectif, qui devrait ouvrir la voie à la mise en application du GMO et la partition du monde arabe en régions autonomes sous couvert de fédéralisme, passe par l’avènement de plusieurs pôles d’influences antagonistes dans ce vaste espace et l’exacerbation des tensions confessionnelles.
Aussi, l’exclusion des sunnites des centres de décision en Irak au bénéfice des chiites et des Kurdes, contrairement aux visées exprimées dans le discours officiel de l’Administration américaine, fait émerger l’Iran comme pays incontournable au détriment des alliés traditionnels de Washington dans la région.
Certains analystes considèrent même la remise de Saddam à ses bourreaux chiites comme un geste fort de l’Administration américaine vis-à-vis de Téhéran. Il n’est un secret pour personne que l’influence iranienne en Irak est de plus en plus importante tout comme l’est le soutien de certains régimes arabes de la région aux insurgés sunnites. En "offrant" l’ex-président irakien aux chiites, Washington espèrerait, en retour, une intervention des Iraniens pour calmer le front irakien.
D’ailleurs, la réaction ne s’est pas fait attendre, et le chef du gouvernement irakien, conformément aux recommandations du plan Baker, a tôt fait d’inviter le parti Baâth à rejoindre le processus de réconciliation inter irakienne. Un vœu pieu qui n’a qu’une infime chance de porter. Bien au contraire. Une bonne part des sunnites irakiens ont affiché leur ferme intention de poursuivre le combat de celui qui, aujourd’hui, porte la livrée de martyr.
Un engagement qui ne fera qu’accentuer le morcellement de l’Irak et que renforcer les germes de la fitna dans l’ensemble du monde arabe. Les chiites, qui sont en définitive les principaux bénéficiaires de la guerre d’Irak, ont le vent en poupe, même s’ils ne représentent que 10% de la communauté musulmane de la planète. Majoritaires en Irak (près de 60% de la population), au Liban (30%), à Bahreïn, au pouvoir en Syrie, ils sont également majoritaires (60%) dans la province du Hassa en Arabie Saoudite, zone qui abrite une grande part des champs pétrolifères saoudiens. De ce fait, des rapports des services secrets occidentaux font état d’une surveillance accrue des minorités chiites dans les pays du Golfe.
C’est dire que la région repose sur une véritable poudrière que l’exécution de Saddam risque de doper fortement. Et à moins d’une prise de conscience de la oumma musulmane, toutes obédiences confondues, le monde arabo-musulman est sous la sérieuse menace d’une fitna généralisée et d’une partition souhaitée par tous ceux qui poussent au choc des civilisations.
La «sentence» de Nelson Mandela à l’adresse de Bush, «vous êtes un danger pour la paix mondiale», prend aujourd’hui tout son sens .
Mais bien plus, elle promet de plonger le centre de gravité de la Terre, le Moyen-Orient, dans une instabilité qui risque, à terme, de mettre en danger la paix mondiale.
Cette nouvelle "bourde" des néo-conservateurs, encore au pouvoir à Washington, va sans nul doute booster le "choc des civilisations", raviver avec plus d’acuité le conflit historique entre chiites et sunnites et menacer le Golfe persique et le Moyen-Orient de morcellement.
Depuis l’invasion de l’Irak par les troupes coalisées sous l’égide de l’Amérique impériale, en 2003, la région s’enfonce chaque jour dans une crise presque sans issue. Les foyers de tensions se multiplient et les risques d’embrasement de toute cette zone stratégique sont plus que jamais d’actualité.
Il est clair que le clan des néo-conservateurs du parti républicain (Bush-Cheney-Rumsfeld -Wolfowitz) travaille sur la base d’une stratégie qui vise à affaiblir et diviser le monde arabo-musulman.
Cet objectif, qui devrait ouvrir la voie à la mise en application du GMO et la partition du monde arabe en régions autonomes sous couvert de fédéralisme, passe par l’avènement de plusieurs pôles d’influences antagonistes dans ce vaste espace et l’exacerbation des tensions confessionnelles.
Aussi, l’exclusion des sunnites des centres de décision en Irak au bénéfice des chiites et des Kurdes, contrairement aux visées exprimées dans le discours officiel de l’Administration américaine, fait émerger l’Iran comme pays incontournable au détriment des alliés traditionnels de Washington dans la région.
Certains analystes considèrent même la remise de Saddam à ses bourreaux chiites comme un geste fort de l’Administration américaine vis-à-vis de Téhéran. Il n’est un secret pour personne que l’influence iranienne en Irak est de plus en plus importante tout comme l’est le soutien de certains régimes arabes de la région aux insurgés sunnites. En "offrant" l’ex-président irakien aux chiites, Washington espèrerait, en retour, une intervention des Iraniens pour calmer le front irakien.
D’ailleurs, la réaction ne s’est pas fait attendre, et le chef du gouvernement irakien, conformément aux recommandations du plan Baker, a tôt fait d’inviter le parti Baâth à rejoindre le processus de réconciliation inter irakienne. Un vœu pieu qui n’a qu’une infime chance de porter. Bien au contraire. Une bonne part des sunnites irakiens ont affiché leur ferme intention de poursuivre le combat de celui qui, aujourd’hui, porte la livrée de martyr.
Un engagement qui ne fera qu’accentuer le morcellement de l’Irak et que renforcer les germes de la fitna dans l’ensemble du monde arabe. Les chiites, qui sont en définitive les principaux bénéficiaires de la guerre d’Irak, ont le vent en poupe, même s’ils ne représentent que 10% de la communauté musulmane de la planète. Majoritaires en Irak (près de 60% de la population), au Liban (30%), à Bahreïn, au pouvoir en Syrie, ils sont également majoritaires (60%) dans la province du Hassa en Arabie Saoudite, zone qui abrite une grande part des champs pétrolifères saoudiens. De ce fait, des rapports des services secrets occidentaux font état d’une surveillance accrue des minorités chiites dans les pays du Golfe.
C’est dire que la région repose sur une véritable poudrière que l’exécution de Saddam risque de doper fortement. Et à moins d’une prise de conscience de la oumma musulmane, toutes obédiences confondues, le monde arabo-musulman est sous la sérieuse menace d’une fitna généralisée et d’une partition souhaitée par tous ceux qui poussent au choc des civilisations.
La «sentence» de Nelson Mandela à l’adresse de Bush, «vous êtes un danger pour la paix mondiale», prend aujourd’hui tout son sens .
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